Restos : “Il faut une TVA socio-éco-logique” par terraeco
Administrateur | 27 janvier 2010 | 10 h 50 min(Article publié le 26 janvier 2010 sur terraeco.net)
Interview – Quelques mois avant l’adoption d’une TVA réduite à 5,5% pour la restauration, le gouvernement avait convoqué des États généraux et réuni quelques professionnels du secteur pour parler avenir. C’était en avril dernier. Non content du résultat, Xavier Denamur, restaurateur parisien à succès, a choisi sa parade et réunit aujourd’hui à Paris ses « Vrais États Généraux de la restauration »
Terra eco : Pourquoi avez-vous voulu réunir aujourd’hui à la Bourse du travail, les “Vrais États Généraux de la restauration”. Les premiers n’étaient-ils pas satisfaisants ?
Xavier Denamur : « Aux États généraux organisés par le gouvernement, il y avait le groupe Accor, Quick, les syndicats ou quelques chefs étoilés qui sont souvent en partenariat avec de grands groupes. Mais pas de restaurateur indépendant et surtout aucun salarié du secteur. Or, les salariés dans la restauration, c’est un million de personnes ! Aux États Généraux de 1789, à la veille de la Révolution française, même le tiers état était invité aux côtés du clergé et de la noblesse ! Du coup, lors de la réunion gouvernementale, il n’y a pas eu de débat contradictoire. Et les vraies questions comme la santé, l’agriculture ou même le problème des travailleurs sans papier – très présents dans la restauration – n’ont pas été abordées. Il faut réinventer un débat transversal où toutes ces questions sont prises en compte. »
C’est à cela que vont servir les « Vrais États généraux » ?
« Oui. Ils vont permettre de rassembler des gens d’univers très différents pour discuter de ces questions transversales. Aux Vrais États généraux, on attend des restaurateurs indépendants, des économistes, des fiscalistes, des agriculteurs ou encore des élus… L’idée c’est de créer une sorte de cyber syndicat pour rédiger un manifeste, un livre blanc avec des propositions concrètes. Celui-là pourra servir de base d’information pour les restaurateurs, les citoyens ou même les législateurs. Si un changement politique devait arriver dans l’avenir, on aura ainsi les moyens de faire changer le secteur. Et on pourra éviter de reproduire des erreurs comme la baisse de la TVA… »
Pourquoi considérez-vous cette baisse de la TVA comme une erreur ?
« L’idée de cette mesure, c’était de faire baisser les prix. Mais ça n’a pas marché. L’État à perdu 3 milliards d’euros de recettes et les prix n’ont pas baissé. Il aurait mieux fallu utiliser les recettes intelligemment. Faire une TVA socio-éco-logique en investissant dans des mesures environnementales et sociales. On pourrait par exemple inventer un macaron pour les restaurants qui achètent des produits frais et fabriquent les plats sur place ? Avec un coût de vérification endossé par la Direction des fraudes. De toute façon, la baisse des prix, ce n’est pas ça l’avenir. Ce n’est pas ça qui va sauver la planète ! Il vaut mieux payer les gens correctement, garantir leur pouvoir d’achat et les informer pour qu’ils sachent se nourrir intelligemment et apprennent à penser durable. Chez moi les serveurs sont payés jusqu’à 4 000, 4 500 euros après plusieurs années d’expérience. Mon chef c’est 6 500 euros. Et c’est aussi parce qu’ils sont bien payés, qu’ils développent un savoir-faire et peuvent « fabriquer » sur place sans avoir recours à des boîtes de conserve. Les gens se fichent pas mal de payer un euro de moins avec la TVA. Ce qu’ils veulent c’est la qualité.























Je tiens a réagir sur l’idée du macaron, que nous pourrions appeler le label des restaurateurs eco responsable. Ce label irait plus loin que le seul label bio ou AB qui ne concerne que le mode production et de vente des produits en général sans prendre en compte le facteur social et environnemental dans son ensemble : à titre d’exemple des produits peuvent être bio, mais produit à l’étranger par des travailleurs esclaves, en petites quantité et donc en favorisant le suremballage. Ce que je crois comprendre dans cette proposition des vegr c’est une prise en compte plus large. Non seulement les produits peuvent être bios, mais pas seulement!! Il doivent privilégier les filières courtes pour contrer les influences de la speculation internationale basée sur le dumping social et les pressions des financiers des groupes de distribution. Il doivent privilégier les producteurs locaux qui respectent la législation français auquel notre identité est liée et qui aime leur terre. Ils doivent être de saison pour rappeler quelques valeurs à nos concitoyens : en matière d’alimentation, le tout tout le temps, conduit à des gaspillages honteux. Je suis donc POUR un label eco responsable et citoyen qui permettra de faire la différence entre le bon grain de l’ivraie.