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Les restaurateurs et la politique : « On a perdu le sens de l’intérêt général »

Administrateur | 29 mai 2011 | 21 h 24 min

Le scénario du film d’animation “Ratatouille” ne dit pas ce qu’aurait voté Skinner, l’horrible chef cuistot, despotique et près de ses sous. Sans doute l’animal a-t-il quelque chose d’un peu poujadiste si l’on extrapole un peu avec un poil d’anthropomorphisme. Notre imaginaire est en partie nourri de ces images charriées par « L’aile ou la cuisse » ou « Ratatouille » lorsqu’on se représente le monde de la restauration passer du piano en cuisine à l’isoloir. Xavier Denamur, propriétaire de cinq restaurants à succès dans le Marais, à Paris, lui, regrette que le monde de la restauration ait « perdu le sens du collectif”.

Blogueur et agitateur d’idées à front souvent renversé,Xavier Denamur était l’invité du plateau de Carte d’électeur ce vendredi.
Lui qui s’était notamment fait remarquer en s’élevant contre la baisse de la TVA à 5,5 a réagi aux témoignages recueillis à Marseille, en reportage dans le restaurant “La Villa”, établissement chic du cossu quartier Périer.
(Voir l’intégralité de l’interview de l’invité en vidéo)

Carte d'électeur – Xavier Denamur par FranceInfo
Cantine d’une partie de la classe politique locale, “La Villa” est tenue par Jean-Louis Vignoli depuis dix ans. Lorsque ce dernier a racheté l’affaire avec un associé, seuls deux salariés sur vingt votaient. Ca l’avait “étonné” à l’époque. En arrivant sur place, j’ai plutôt rencontré des gens qui annonçaient qu’ils allaient s’inscrire pour participer à la présidentielle de 2012. Mais tous sont loin d’afficher une identité politique liée à un parti ou un bord politique.

Rodolphe, cuisinier de 39 ans, explique qu’il n’a jamais voté et qu’il “ne votera jamais”. Parce que “la politique l’ennui” et que “gauche, droite ou centre, c’est toujours pareil”.

- Réaction de Xavier Denamur : “En cuisine, on parle très peu politique, et dans les équipes des restaurants, ce n’est pas un sujet qui est très abordé. On a vraiment le sentiment, en tous cas dans la restauration, qu’une grande partie des salariés (je ne parle pas des patrons), a un sentiment de défiance vis-à-vis de la politique. On le voit dans d’autres élections comme les Prudhommes, où l’on observe des taux d’abstention de 80%. Il faut installer un vrai débat à l’intérieur des entreprises. J’essaye de parler politique dans mes entreprises, où j’ai pas mal de salariés abstentionnistes. Le problème, c’est la représentativité du personnel politique. Les gens ont le sentiment d’une oligarchie indécrottable en place.”

Jean-Aimé, chef de salle, 45 ans, explique qu’il votait “100% à droite” à 18 ans, mais qu’il a évolué, en votant davantage pour des personnes que pour un parti, aujourd’hui. Jean-Louis, le propriétaire, parle quant à lui de “charisme”, et de l’impact de la baisse de la TVA, dont il dit qu’elle a permis trois embauches et une augmentation des salaires.

- Réaction de Xavier Denamur : “La plupart des gens votent pour une personne, mais pour moi le problème est là. J’ai peu changé de couleur politique (Vert, PS, une fois à droite en 2002), mais j’ai toujours questionné. Je n’appartiens à aucun parti politique. Les restaurateurs se sont un peu fourvoyés dans la compréhension de ce que le monde politique leur apporte. Ils ont l’habitude de réfléchir avec le tiroir caisse et ont l’impression que la droite leur amène, entre autres, la baisse de la TVA ou des baisses de charge. Or ce n’est pas la réalité. Les restaurateurs sont-ils prêts à écouter un autre discours ? Ils disent beaucoup qu’ils n’ont pas le temps, ils ont perdu de vue l’intérêt général. Les politiques font du clientélisme [...] On a donné trois milliards aux restaurateurs, qui ont du mal à comprendre ce que peut etre la dette de la France.”

A la Villa, personne n’a mentionné le Front national, qui avait fait 15% des suffrages au premier tour en 2007 à Marseille. Sauf Laura, 22 ans, serveuse, qui affirme que si on parle davantage de “personnalité” et plus vraiment de partis aujourd’hui, c’est aussi parce que “ça passe mieux de dire je vote Marine Le Pen plutôt que Front National”.

- Réaction de Xavier Denamur : “Dans mes entreprises, j’ai travaillé avec entre dix et vingt nationalités différentes mais c’est vrai qu’il y a un soubassement Front national dans le monde de la restauration. On pense peut-être que Marine Le Pen est plus respectable… mais je ne crois pas que les idées soient bonnes. Il y a de l’idéologie mais pas d’idées. Ce soubassement FN vient de loin : c’est un vote un peu contestataire, un peu réactionnaire, mais aussi le vote d’une profession qui a certes beaucoup changé mais où beaucoup de restaurateurs sont des gens qui viennent de la terre, loin des métropoles où se mélangent les gens. J’entends très peu dire “je vote FN” mais j’entends des retours un peu identitaires chez certains.”
Carte d’électeur est un programme de France Info en partenariat avec rue89 préparé et présenté par Olivier Emond & Chloé Leprince. Diffusé le 27 05 2011.

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Putting the Chefs Back in the Kitchen

alex hoskins | 18 mai 2011 | 18 h 53 min

On rue89 Xavier Denamur brings up some ideas to reunite restaurant owners with an increasingly disillusioned clientele. Seeing the lack of guarantees as to food quality as being the central issue Denamur tackled the widespread abuse of the term fait maison, which generally indicates a dish made entirely by the restaurant to their own recipe.


Until fairly recently it was taken for granted by the French public that their restaurateurs were possessed of real talents. Unfortunately numerous reports have shattered any such illusions, restaurant kitchens now being perceived as little more than assembly lines reheating entire dishes. Legislating the use of the term and, along the same lines governing the use of the term boulangerie, the introduction of a new title, that of artisan restaurateur, would clearly indicate when a meal has been entirely prepared from scratch on the premises. The move comes to restore confidence in the restaurant kitchen as a place of craftsmanship and skill.


Specialising in what they call ‘catering solutions’ industrial manufacturers claim tens of thousands of customers. An estimated 70-80% of French restaurants offer a menu at least partially composed of industrial mass-produced fare and the result is less than apetising. These restaurants are little more than specialists in reheating and serving ready made meals, everything from ingredients to entire dishes delivered tinned, frozen or vacuum-packed.


The use of the unregulated « home-made » terminology on menus does not realistically reflect customer expectations: A dish flaunted as being home-made can be entirely composed of industrial products, or not even prepared in the restaurant itself, the components only being assembled on the premises.


Denamur takes for his example the humble, supposedly home-made, apricot tart. This can be thrown together using a precooked preshaped pastry shell, a factory produced cream purchased in bulk and tinned apricot halves in syrup. In the same vein a tinned stew can be called home-made because a slice of lard has been added to the pot.


The main problem is that there is nothing obliging a restaurateur to indicate where industrial confection is used on the menu.


The proposition for product transparency à la carte is simple. Explicity marking when a dish comes from a factory or is cooked on the premises from fresh and raw produce will restore consumer faith in the nation’s restaurants, rejuvenating the industry’s standing and ultimately create employment.


The only opposition to the argument for transparency comes from those who benefit from keeping consumers in the dark. These large industrial manufacturers take blatant advantage of their customers, cheating them by exploiting the idea that in restaurants are real chefs and craftsmen. These catering solution specialists generate unmeasurable harm to the restaurateurs who put in all the hard work demanded of their craft and have learned that craft through decades of experience.


The truth is that French restauration today suffers more than it benefits from this opacity. Shifting general attitudes within the trade in favour of transparency could be a real boost for small and medium independent restaurants. If there are still no serious efforts to engage with such a principle, when the new contrat de l’avenir is signed on the 28th of April 2011, the independent restaurateur will be further vilified by the media and abandoned by yet more of their customers.


The use of these catering solutions prepared elsewhere than the restaurant kitchen, while not illegal, is comprehensively fraudulent. Given the option there is a marked majority of consumers who would prefer the food they eat to be prepared on the premises. The omission of a meal’s origin is completely duplicitous and plays on a reasonable expectation the consumer has of a certain level of quality.


Not only can they be made in a factory and reheated in a microwave, they’re not even cheaper. Along the same lines as other recently released investigations (les pieds dans le plat Canal+ and Restaurants: Microwave Gastronomy on France2) the latest report on the industry, published April 2011 by Capital Magazine, showed yet again that factory ready-made meals are not sold cheaper than dishes cooked with care and skill.


An agreement to identify the nature of ingredients used as well as the location where a dish has been cooked seems only natural for a country boasting the love the French profess to when it comes to their food. Working with fresh raw produce is craftsmanship all of its own and should be valued as such.


Protecting the use fait maison can been done simply without misleading customers or complicating anyone’s life. The use of the term should be reserved uniquely for those who prepare and cook their food on the premises from fresh raw produce in the same spirit as the legislation that was established for bakeries. A logo to indicate an artisan restaurateur could be placed in the window or on the menu to distinguish between real restaurants from microwave chefs. Whether the difference can be tasted consumers are entitled to know what they are being served on a plate.


Given the increasing importance of additives in our daily food establishments not eligible for the artisan restaurateur title should ask their suppliers for detailed information on their produce. This information could then be made available on request and indicate the complete composition of any dish in the same way a supermarket does.


Such a legislation would restore fair competition in an industry where opacity is the rule and Denamur calls for increased powers to be granted to the Directorate General for Competition, Consumption and Fraud (DGRCCF) to implement and enforce the strategy.


It is difficult to imagine that millions of customers in our nation’s restaurants would ever be opposed to such a simple and obvious measure, yet in his closing lines Denamur wonders at the reluctance of current political representatives to legislate on the issue.

Xavier Denamur gives some solutions in two videos:

http://www.monquotidienautrement.com/temps-libre/xavier-denamur-cultive-son-jardin

http://www.france5.fr/c-notre-affaire/?page=player&id_rubrique=251 his interview starts at 19 minutes 42 secondes

A.H.

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Les restaurateurs serviront encore légalement du « fait maison » industriel sans le signaler aux clients

Xavier Denamur | 2 mai 2011 | 20 h 47 min

brake950Alors que l’on peut connaître avec l’étiquette de contexture obligatoire l’origine et la composition d’un vêtement dans lequel on s’enveloppe, l’opacité sur ce que l’on ingère quand on va au restaurant restera de mise.
Alors qu’ils avaient l’occasion, vendredi 28 avril 2011 dans le cadre de l’avenant au Contrat d’avenir, de redresser le baromètre de l’opinion public en s’engageant sur la transparence, le gouvernement et les organisations patronales de la restauration viennent à nouveau de s’engager à mentir sauf sur les prix comme l’a gentiment fait remarquer l’AFP.
Lisez mes propositions sur ce sujet dans une tribune publiée sur Rue89 , posez des questions avant de vous mettre à table et exigez plus de transparence pour 2012.
Etrangement, c’est en Chine que les restaurateurs seront obligés de pratiquer un peu de transparence comme l’indique un article d’Aujourd’hui la Chine publié le 29 avril 2011.

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