Dukan contre Cohen ou comment faire grossir son compte en banque.
renaudroussel | 7 juin 2011 | 21 h 52 min
Business is business !
Dukan attaque Cohen en diffamation, les poids lourds des régimes bidon et totalement inefficaces à long terme se mangent entre-eux, affamés de gloire et de pognon.
La médecine est une vocation, un sacerdoce et non un vulgaire moyen de se faire de l’argent sur le dos de millions de personnes en souffrance. Le patient doit être le sujet de toutes les attentions, ses problèmes et son histoire personnelle requièrent une véritable écoute, suivie d’une solution adaptée et personnalisée.
Dernièrement l’Anses, agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, a épinglé les 15 régimes amaigrissants qu’elle venait d’étudier, en stipulant que dans 95% des cas, les kilos perdus sont repris.
Le régime Dukan est le plus fustigé de tous, accusé de provoquer de très sérieux troubles de la santé. Des médecins et des nutritionnistes montent alors au créneau pour tenter d’enfoncer le clou et d’alerter la population par le biais des médias de la dangerosité de ce régime hyperprotéiné. Le docteur Cohen, en bon opportuniste décide lui aussi de surfer sur la vague de la critique, voyant ici un moyen supplémentaire de faire parler de lui, et de diminuer l’écart qui le sépare de son confrère mais néanmoins concurrent, alors que ses régimes sont eux-mêmes dénoncés par l’Anses ! D’aucuns font fi de tout complexe!
Dukan comme Cohen, sont pour moi à mettre dans le même sac, celui des pseudo business men se fourvoyant dans le « prêt à porter » médical, une discipline normalement vouée au « sur mesure ».
La preuve en est : leurs sites internet de « coaching minceur » entièrement automatisés, dans lesquels l’humain n’intervient pas et pour lesquels vous déboursez un bonne centaine d’euros en échange de conseils et de régimes « bateaux » préalablement conçus et en aucun cas personnalisés, ce qui va complètement à l’encontre du mot « coaching » utilisé. En tant que coach professionnel je déplore vertement cette tromperie à but lucratif qui frôle l’escroquerie!
Dukan contre Cohen, Cohen contre Dukan ? Après tout une petite bataille juridique bien orchestrée représente une énorme campagne publicitaire relayée gratuitement par tous les médias qui voient là de quoi vendre du papier à une période de l’année où tout le monde parle, pense, vit et mange « régime ».
Business is business ! De véritables hommes d’affaires se sont emparés du phénomène « régime » et promeuvent les deux rivaux sur la toile à coups de millions d’euros. Eux font leur métier, nos deux nutritionnistes-vedettes en profitent et les consommateurs payent la facture et pâtissent des effets pervers des régimes amaigrissants en sombrant dans le cycle infernal perte-reprise de poids.
Il va bien falloir se rendre à l’évidence : ce n’est pas par la science de la nutrition que l’on règlera le problème du surpoids et de l’obésité, science qui cherche désespérément, et sans résultats probants dans le temps, une solution dans les calories, les nutriments, les molécules ou les médicaments. Une science qui exclut les aspects sociaux et affectifs, qui oublie le plaisir et qui néglige les connaissances millénaires des modes de consommation, la culture et l’éducation. Non, le surpoids et l’obésité ne se régleront pas à coups d’ordonnances, de restriction nutritionnelle ou de slogans stériles.
La solution aux problèmes de poids se fera par l’évitement de la malbouffe, et passera par un retour à ce qui a déjà fait ses preuves: la culture et l’éducation alimentaire, les us et les coutumes, les traditions ancestrales, la convivialité et les liens sociaux. Demander à des milliers de personnes de se désocialiser et de se priver de plaisir en se soumettant à des régimes prescrits est une abominable erreur. D’ailleurs les faits sont là : l’obésité ne cesse ne progresser, alors que les personnes obèses ont toutes essayé, au moins une fois, un régime amaigrissant !
S’alimenter ne doit en aucun cas être un stress qui vienne s’ajouter à ceux déjà existants. L’alimentation à un rôle anxiolitique, arrêtons d’en faire une source de culpabilité. Le plaisir gourmand peut parfaitement faire partie d’un mode alimentaire sain et pertinent. Il faut pour cela revenir à une alimentation naturelle, éviter au possible les préparations industrielles, réinvestir la cuisine et confectionner ses repas, au prix bien entendu d’une réorganisation parfois indispensable du mode de vie, et faire de la santé de la famille la priorité absolue. Il faut également rester en contact avec soi-même, être à l’écoute de ses sensations, accepter ses émotions, en analyser les causes et régler ses problèmes existentiels. Il faut surtout cesser de vouloir tout et tout de suite, perdre du poids durablement requiert du temps ; le temps n’aime pas ce que l’on fait sans lui et il fait payer très cher à ceux qui ont voulu l’ignorer leur outrecuidance. A partir de là, tout devient réalisable, contrôler son poids devient naturel, et l’on peut enfin dire adieu aux vénaux marchands du Temple.
Le site de Renaud Roussel coach sportif et auteur de « Surpoids et obésité, suivez le coach »





















