Taxer les sodas mais continuer de cajoler les fast food
Xavier Denamur | 25 août 2011 | 12 h 42 min
RepMalbouffeTrailer291210iPhone par RogeRebus
Si on ne peut qu’applaudir le gouvernement d’avoir choisi de taxer les boissons sucrées pour lutter contre l’obésité (de la dette), on peut s’interroger sur son blocage concernant la politique fiscale mener vis à vis de la restauration rapide qui a largement profité de la baisse de la TVA dans la restauration pour conquérir des parts de marché. Daprès l’AFP « Les tranches d’âge les plus concernées (par la consommation de boissons sucrées) sont les 12-25 ans (40%) et les 26-44 ans (27,4%). » soit principalement la clientèle de la restauration rapide où les jeunes prennent la mauvaise habitude de consommer des produits saturés en sucre, gras ou sel. Le fast food est devenu « un lieu privilégié pour les 15-25 ans, un peu comme le bistrot pouvait l’être il y a quelques décennies. » lit-on dans une analyse publiée par le site Doctissimo
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Pourquoi ne pas avoir voulu revenir sur la TVA dans la restauration en taxant toute la restauration à 19.6 % (vente à emporter incluse)? Certainement par clientèlisme. Cette mesure fiscale, comme je l’ai expliqué dans une tribune publiée par Rue89 aurait permis avec une partie des recettes générées d’aider les entreprises qui fournissent des produits aux teneurs en sucre, sel ou gras admises par l’OMS et naturellement surtout celles qui servent des plats cuisinés sur place à base de produits bruts et frais. Lors du choix des arbitrages fiscaux du 24 août 2011, le gouvernement aurait pu choisir d’initier une fiscalité protectrice de la santé publique à long terme et dynamique d’un point de vue économique et sociale pour l’ensemble du secteur des CHR. Nos représentants politiques attendent-ils que les gros aient explosé le poids de la dette pour commencer à prendre des mesures intelligentes et intelligibles pour lutter contre l’obésité? Une question entière que je ne manquerai pas de reposer aux candidats à la présidentielle pendant le tournage du second volet de République de la malbouffe
( ce documentaire que j’ai produit avec l’agent de la baisse de la TVA sortira en DVD avec le magazine Rue89 de janvier 2012 dans le cadre d’un dossier spécial sur l’alimentation et en salle le 1er février 2012)
Comme l’écrit Hervé Nathan dans un papier publié par Marianne2, « mieux faut être riche et en bonne santé » par les temps qui courent.
Lire l’excellente dépêche AFP d’Arielle Verley et écouter mon intervention à ce sujet dans une interview sur France Inter
Le gouvernement va taxer les sodas, colère des producteurs
De Arielle VERLEY (AFP) – 24 août 2011
PARIS — Le gouvernement a décidé de taxer pour la première fois les sodas, une mesure surprise annoncée dans le cadre du plan d’austérité dans le but de lutter contre l’obésité, et qui a provoqué la colère immédiate du secteur.
La création de cette taxe, qui concerne les seules boissons à sucres ajoutés, est « inacceptable », a affirmé mercredi à l’AFP Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).
Cette taxe, déjà pratiquée selon l’Ania dans certains pays du nord de l’Europe, doit générer 120 millions de recettes supplémentaires pour la sécurité sociale et entrera en vigueur le 1er janvier 2012, a indiqué Matignon.
Pour justifier cette mesure, qui fait partie d’un vaste plan d’austérité pour 2011-2012, le gouvernement rappelle qu’entre 1997 et 2009 le poids moyen des Français a augmenté de 3,1 kg alors que leur taille progressait de 0,5 cm.
« La prévalence de l’obésité, qui s’élevait à 8,5% en 1997, atteint désormais près de 15%, une progression de plus de 70% en 12 ans », a souligné Matignon, invoquant l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le gouvernement veut donc « renchérir le prix des boissons sucrées dont une consommation non maîtrisée favorise la prise de poids afin d’inciter les consommateurs à réduire leur consommation ».
La réaction du patronat du secteur alimentaire a été fulgurante. « C’est une politique identique à celle qui a été menée pour l’alcool et pour le tabac et nous ne voulons pas que l’alimentation subisse ce type d’approche », a dénoncé M. Buisson, qui s’est dit « furieux ».
« C’est la première fois que cela se fait, c’est inacceptable », a-t-il ajouté.
« Nous sommes conscients de la nécessité de participer aux efforts collectifs mais nous ne voulons pas que cette mesure soit prise en fonction des aspects nutritionnels du produit », a expliqué le président de l’Ania.
« Le vrai problème pour nous est la motivation de cette mesure » lorsque « le gouvernement avance l’aspect nutritionnel et le risque d’obésité », a-t-il souligné.
Selon lui, « c’est la porte ouverte à une segmentation des produits », une politique qui s’apparentera « à celle menée pour l’alcool et pour le tabac ».
Selon les calculs de l’Ania, le prix de la canette devrait augmenter en moyenne de un centime d’euros.
La taxe prendra la forme d’une « accise spécifique sur les boissons sucrées dont le taux sera aligné sur celui du vin ». Selon l’Ania, elle devrait atteindre environ 4,3 euros l’hectolitre.
Les eaux, les jus de fruit (sans sucres ajoutés) et les produits contenant des édulcorants ne sont pas concernés par cette mesure.
Actuellement, le vin est soumis à la TVA normale de 19,6% alors que les eaux et boissons non alcoolisées ne sont taxées qu’à 5,5%.
Pour prendre l’exemple du numéro un des boissons gazeuses en France, Coca-Cola (qui possède aussi d’autres marques comme Fanta ou Sprite) se verra taxer sa boisson mythique, mais pas ses déclinaisons « light » et « zéro ».
Dans son portefeuille, Coca-Cola France détient 26% de boissons light, 37% de boissons sucrées et 31% de boissons à sucre à teneur réduite, selon les chiffres communiqués par le groupe.
Le Baromètre Santé Nutrition 2008, publié par l’INPS (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), relevait que plus d’un Français sur cinq (22%) déclarait avoir bu la veille au moins une fois une boisson sucrée, une proportion nettement plus élevée chez les hommes que les femmes, et davantage chez les jeunes.
Les tranches d’âge les plus concernées sont les 12-25 ans (40%) et les 26-44 ans (27,4%).





















