Sur la TVA, Martine Aubry est atteinte du syndrome de Chirac
Administrateur | 15 septembre 2011 | 0 h 50 min
Mercredi 14 septembre 2011, Martine Aubry était invitée par Rue89 pour répondre aux questions des lecteurs du site. Voir l’ensemble de l’interview sur Rue89.com
Si ma question sur la baisse de la TVA a été à moitié retenue, Martine Aubry esquive et ne répond pas. Elle ressort la même logorrhée politicienne réchauffée que nous sert Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy.
Xavier : En octobre 2010, sur France 2, vous aviez déclaré que le PS, dans l’éventualité où il reprendrait le pouvoir en 2012, supprimerait la baisse de la TVA dans la restauration et que les 3 milliards d’euros ainsi récoltés serviraient à rendre du pouvoir d’achat aux employés les plus pauvres en leur donnant un chèque de 200 euros…
Ça, c’était le plan de relance, mais je vous laisse terminer.
Rue89 : Il s’étonne que vous changiez d’avis comme ça et se demande du coup s’il peut vous faire confiance.
Martine Aubry : Je ne change pas d’avis comme ça. Là, c’était une mesure conjoncturelle pour le plan de relance, qui était d’ailleurs une mesure très proche de celle que l’Allemagne avait prise. Ce plan de relance que nous avions proposé et qui n’a pas été entendu par le gouvernement, on en voit les résultats.
On a eu un plan de relance de l’économie, au moment de la crise, trop faible et pas assez long. Je vous donne une deuxième mesure. L’Allemagne a décidé de financer le chômage partiel. Les Allemands travaillent actuellement deux heures de moins par semaine en moyenne que nous, ça a coûté 4 milliards d’euros par an. Nous, avec ces 4 milliards, même un peu plus, on a financé les heures supplémentaires. On a subventionné les heures supplémentaires en période de chômage.
Nous avions dit : « Il faut effectivement, immédiatement, relancer le pouvoir d’achat pour éviter la crise, il faut travailler moins par le chômage partiel », c’était deux de nos propositions, et il y en avait une troisième, pour aider à l’investissement des PME. Nous n’avons été entendus sur aucune de celles-là.
Je reviens sur la TVA sur la restauration. Je continue à penser qu’il faut supprimer la [baisse de la] TVA sur la restauration dans les conditions dans lesquelles elle a été faite, c’est-à-dire sans aucune contrepartie.
Mais je pense aussi que dans ce secteur, si nous reprenions le sujet que j’avais traité quand j’étais ministre, avec la profession, avec des contreparties – lutte contre la précarité, lutte contre le travail au noir, augmentation des salaires des gens, augmentation des emplois, voire réduction de l’addition, tout cela devant être contrôlé –, alors on peut envisager une nouvelle réduction de la TVA sur la restauration. Mais celle qui a été mise en place là doit être supprimée.
Rue89 : Mais ils n’ont pas tenu leur promesse une fois, pourquoi pensez-vous que…
Martine Aubry: Il n’y avait pas de promesse monsieur, il n’y avait pas d’accord.
La petite relance du journaliste semble l’énerver, non madame Aubry, il n’y avait d’accord et il ne pourrait y en avoir que si l’on conserve les recettes fiscales pour obtenir des contreparties. Car comment négocier des contreparties sans monnaie d’échange sauf à modifier les législations sur la liberté des prix, des salaires hormis le SMIC ou d’embauches et à sortir de la CEE? Quant au contrôle, ce n’est pas avec les moyens du bord qu’on pourra faire évoluer les choses.
No more comment.
Rappel de ma question brute et fraîche:
« Le 14 octobre 2010, vous déclariez dans l’émission de France 2 « A vous de juger » que « le PS dans l’éventualité où il prendrait le pouvoir en 2012 supprimera la baisse de la TVA dans la restauration ». et que « les 3 milliards d’euros ainsi récoltés serviront à rendre du pouvoir d’achat aux 16 millions de foyers les plus pauvres en leur donnant un chèque de 200 euros et ainsi faire de la croissance par la relance de la consommation. »
Le 25 août 2011 sur France Inter vous avez déclaré « qu’il n’y aura pas de modification » de la TVA dans la restauration (grâce à une sorte de « contrat d’avenir » bis). Ecouter le son ici à partir de la 14 ème minute
Ma question est simple, comment pouvez-vous parler de cohérence aux français quand en moins d’un année sur un sujet aussi sensible que celui de la TVA dans la restauration, vous faites 2 propositions radicalement différentes et peu probantes?
Cordialement
Xavier Denamur reste orateur libre de rappeler aux politiques que les français attendent des propositions claires, chiffrées et cohérentes
PS: faites un tour sur www.vegr.fr pour approfondir ce dossier et ne vous dégonflez pas, venez le 4 octobre au palais du Luxembourg où je vous ai invité voir le film (République de la malbouffe) que j’ai produit avec les marges supplémentaires obtenues avec cette baisse TVA et participer au débat qui suivra. »





















