Les vrais états généraux de la restauration

IL EST TEMPS DE SE REMETTRE A TABLE !
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Travail illégal : redressements record en 2010

Xavier Denamur | 1 avril 2011 | 1 h 44 min

Il paraît que la baisse de la TVA devait réduire la part de l’économie parallèle. En juin 2009 dans une tribune sur Rue89 intitulée « Baisse de la TVA, une grande campagne d’intox (alimentaire) », j’annonçais la couleur : « Le gouvernement et son administration fiscale n’auront plus d’autres choix que d’aller sur le terrain récupérer dans le contrôle de la fraude sociale et fiscale le manque à gagner. Restaurateurs indépendants soyez prêts, les contrôles arrivent que vous mettiez ou non leur autocollant sur vos vitrines. La chose positive de cette triste histoire sur laquelle on reviendra avec raison, sera la prise de conscience de la nécessité de la transparence comme seul biais par lequel les restaurateurs indépendants pourront reconquérir les parts de marché perdus aux profits des groupes. »
Une fois de plus, près de 2 ans plus tard, les faits me donnent raison.

Lisez l’article de Myriam Berber publié le jeudi 31 mars 2011 sur www.rfi.fr

bistrot sur site rfiC’est dans le secteur de l’hôtellerie-restauration que l’on enregistre le plus de recours au travail illégal.

Les redressements effectués par les Urssaf chargées de collecter les cotisations sociales ont atteint 185 millions d’euros en 2010. C’est dans les secteurs du bâtiment, du nettoyage et de l’hôtellerie-restauration que l’on enregistre le plus de fraude.

La lutte contre le travail illégal commence à rapporter, si l’on en croit le dernier bilan de la Commission nationale de lutte contre le travail illégal (CNLTI). Près de 70 000 entreprises ont été contrôlées l’an dernier. Ces actions ont permis de récupérer 185 millions d’euros, soit une hausse de 40% par rapport à 2009.

Ce chiffre record s’explique par l’efficacité grandissante des sanctions, notamment le redressement forfaitaire imposé aux entreprises qui ne sont pas capables de fournir les fiches de paie d’un salarié. Cette mesure a rapporté près 29 millions d’euros, contre l6, 3 millions en 2009.

Meilleur ciblage des contrôles

Les principaux motifs d’infractions concernent le travail dissimulé (75%). Les pratiques consistent à ne pas déclarer les salariés ou à les déclarer à temps partiel alors qu’ils travaillent à temps complet. Le prêt illicite de main d’œuvre représente 10 % des cas et l’emploi de travailleurs sans papiers 8%. Le travail au noir est aussi plus fréquent pour les extras et les saisonniers que pour les salariés habituels. Le secteur du bâtiment (BTP) et l’hôtellerie-restauration sont les champions du travail au noir. Viennent ensuite le déménagement, le nettoyage, le gardiennage, la confection, l’agriculture et le spectacle.

Evaluer le manque à gagner lié au travail au noir est une priorité pour le gouvernement qui a perfectionné ses moyens de lutte. « Il y a désormais un meilleur ciblage de contrôles et plus de contrôles conjoints, c’est-à-dire associant au moins deux services. Plusieurs corps de métiers sont habilités à lutter contre le travail illégal. Les inspecteurs du travail, les agents de l’Urssaf, les services fiscaux, mais aussi les gendarmes, les policiers, les douaniers ou bien encore les agents de pôle emploi », explique Jean Bessière, adjoint à la direction générale du Travail du ministère du Travail.

De nouvelles peines administratives

Les employeurs qui ont recours au travail illégal seront bientôt sanctionnées par de nouvelles peines administratives, telles que l’interdiction de soumissionner aux appels d’offres publics pendant six mois ou l’interdiction de bénéficier des aides publiques nationales ou européennes en matière d’emploi.

D’autres mesures sont en cours d’adoption. Parmi elles, la fermeture de l’établissement par le préfet pour trois mois ou bien l’amélioration des droits sociaux des travailleurs étrangers sans papiers. Si l’on en croit les chiffres des associations, on recense aujourd’hui en France 6 800 travailleurs sans titres de séjour dans près de 200 entreprises. Selon la CGT, 3 900 sans papiers ont déjà déposé un dossier et 1 500 d’entre eux sont en voie de régularisation.

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Lefebvre passe sous la table

Administrateur | 11 mars 2011 | 16 h 28 min

Article de Daniel Bernard publié sur Marianne2 le 11 mars à 15H01

Après l’appel de Marianne « pour la transparence de la carte » des restaurants, Frédéric Lefebvre, le secrétaire d’État concerné est resté bien réservé.
Lefebvre
Autrefois porte-parole compulsif de l’UMP, Frédéric Lefebvre s’est mué en ministre laborieux. Alors que les clients désertent les restaurants traditionnels, refusant de se ruiner pour des assiettes prêtes à servir plus ou moins bien décongelées, Marianne a proposé au secrétaire d’Etat en charge du commerce et de la consommation une action simple et concrète : les restaurateurs qui servent des plats qui ne sont pas cuisinés sur place à base de produits bruts et frais devront le signaler sur leur carte. Qui oserait se dresser contre une démarche visant à plus de transparence ? Au nom de quelle conception de la restauration faut-il laisser les consommateurs dans l’ignorance de ce qu’ils mangent ?

Depuis la publication de cet appel, un débat particulièrement vif s’est engagé dans la profession. Certains aubergistes hurlent, d’autres applaudissent. Hélas, subitement discret, Frédéric Lefebvre se dérobe. Ni oui, ni non, bien au contraire ! Faisant répondre par son cabinet, le ministre livre un monument de langue de bois : « Frédéric Lefebvre, secrétaire d’État en charge du commerce et de la consommation a fait de la qualité alimentaire une priorité. Il a notamment engagé des négociations avec l’ensemble des acteurs du contrat d’avenir de la restauration pour développer le label maitre restaurateur. Frédéric Lefebvre juge l’objectif fixé à 3000 labels décernés sur le territoire, insuffisant et souhaite avoir une démarche proactive avec les organisations professionnelles au travers du contrat d’avenir afin que ce label qui repose sur des critères liés à l’utilisation de produits frais, du terroir, non transformés devienne la référence qualité pour les consommateurs. »

En clair, aux clients inquiets sur l’origine et la composition de leur plat du jour, le gouvernement sert une « démarche proactive » au parfum d’impuissance. Du reste, le prédécesseur de Frédéric Lefebvre, Hervé Novelli, avait déjà opposé à la sénatrice Patricia Schillinger une réponse tout aussi insipide.
Logique : les gouvernants, de gauche comme de droite, ont toujours considéré qu’il valait mieux céder aux caprices des aubergistes — et les grands groupes de restauration qui les manipulent— que protéger les consommateurs…

MARIANNE S’ENGAGE POUR LA TRANSPARENCE À LA CARTE

Depuis 1998, la loi réserve l’enseigne « boulangerie » aux professionnels qui assurent eux-mêmes, à partir de matières premières choisies, le pétrissage de la pâte, sa fermentation et sa mise en forme ainsi que la cuisson du pain sur le lieu de vente au consommateur. Or, cette transparence, qui a permis de pérenniser une activité économique menacée par la grande distribution et les fournils industriels, est refusée aux clients des restaurants. On sait ce qu’est un vrai boulanger, on ne sait toujours pas ce qu’est un vrai restaurateur. Inutile de chercher ailleurs la cause de la désaffection d’une clientèle qui se méfie des auberges, des brasseries et des petits restos.

La baisse de la TVA sur la restauration, qui ne pouvait diminuer les additions que de quelques centimes, a logiquement profité aux empires de la restauration qui gloutonnent les meilleurs emplacements pour y servir des saumons à l’oseille décongelés et des crèmes brûlées au kilo. Les Français n’ont plus besoin de voyager pour avaler de la bouffe à touristes : discrètement livrée par les grossistes, elle est servie partout, à Paris comme dans les villages les plus sympathiques de notre pays.

Une mesure de bon sens permettrait pourtant d’insuffler dans la restauration l’ingrédient qui lui fait défaut, à savoir la confiance. Il ne s’agit pas d’un énième label de qualité. Mais d’une règle de salubrité publique : tout restaurateur a l’obligation, sous peine d’amende, d’indiquer sur sa carte les plats qui ne sont pas cuisinés sur place à base d’ingrédients bruts et frais. Produits surgelés et assiettes toutes prêtes fabriquées en usine seraient dès lors explicitement signalés, laissant au client la liberté de continuer à les consommer, s’il y trouve son compte, mais en parfaite connaissance de cause.

On devine l’argument qui sera opposé par les mauvais professionnels à une telle mesure : le pauvre client, assimilant aliment industriel et produit toxique, fera la grève des restaurants, provoquant faillite et misère. Effectivement, la mesure radicale que réclame Marianne incitera les Français à refuser de banquer pour du bas de gamme. En retour, néanmoins, toute une filière fébrile retrouverait la santé : des agriculteurs mieux rémunérés pour des produits plus sains, des plats de saison, donc plus abordables, des gourmets heureux et des restaurateurs bénéficiaires. Pour une fois, imitons l’Italie, où l’obligation de signaler les produits surgelés n’a pas ruiné le commerce !

La restauration française est aujourd’hui le dernier secteur de l’alimentation où la tromperie sur la marchandise est tolérée. Le contenu des assiettes est-il à ce point inavouable que les lobbys professionnels – et les ministres qui cèdent à leurs pressions – refusent d’en livrer la composition à leurs chers clients ?

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« Mc Donald’s prêt à servir ses clients à table » drôle d’effet de la baisse de la TVA!

Administrateur | 5 mars 2011 | 9 h 48 min

ronal_mac_do.thumbnailAu moins chez Mac Do, ils ont écouté le discours de Sarkozy du 15 décembre 2009 dans lequel il repprochait aux fast food « de ne pas offrir de service à table » pour justifier la baisse de la TVA pour les petits restaurateurs.

McDonald’s prêt à servir ses clients à table
INFO LE FIGARO – L’enseigne teste déjà ce service. Elle envisage de le généraliser en 2012 pour une partie de ses clients.

Au pays du fast-food, c’est une révolution. La chaîne de restauration rapide McDonald’s envisage de généraliser le service à table pour les clients de ses McCafé et ceux qui utilisent les bornes automatiques installées dans ses restaurants pour passer commande. «Nous testons le service à table dans 50 restaurants jusqu’à fin 2011. Ce test, très positif, devrait déboucher sur une généralisation à tous les restaurants en 2012», déclare au Figaro Jean-Pierre Petit, le PDG de McDonald’s France.

À ce stade, 800 McDo (sur un total de 1 195 en France) sont équipés de bornes de commande automatiques : ces machines enregistrent 17 % des ventes (y compris le service de commande au volant de sa voiture). En période de pointe, un client sur trois les utilise. Une centaine de restaurants supplémentaires en seront équipés d’ici à la fin de l’année. Quant aux McCafé (un comptoir à part de cafés, viennoiseries, pâtisseries), il y en a 120 et un potentiel de «300-350» à terme. Un McCafé représente environ 5 % des ventes d’un McDo.

Une quarantaine d’ouvertures visées par an
Proposer un service à table, c’est une idée française qui pourrait faire tache d’huile en Europe en cas de succès. Elle s’inscrit dans une tradition de McDo France d’innover en tenant compte des habitudes… très françaises des Français. Ainsi, ce n’est que dans l’Hexagone que l’on trouve des macarons fabriqués par le groupe Holder (propriétaire des boulangeries Paul) dans les McCafé, des Big Mac au pain complet, et dès fin février, un sandwich avec un steak haché 100 % viande de bœuf de race charolaise. À la Défense, on trouve aussi un Salad bar, un point de vente totalement inédit : il propose toute l’offre McCafé, plus un bar à salades à composer sur place… mais pas de hamburger ! Ce Salad bar a vocation à être testé ailleurs. «McDo France a osé innover par rapport aux standards de la marque aux États-Unis, c’est ce qui fait son succès», assure Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil.

«Nous gagnons des parts de marché dans un environnement stable, se félicite Jean-Pierre Petit. Mon premier concurrent, c’est le Frigidaire ! Tout ce qui contribue à augmenter la taille du marché est une bonne chose. Un consommateur qui va chez Subway viendra un jour chez McDo.» L’an dernier, 37 nouveaux McDo ont ouvert, en franchise à 80 %. C’est plus qu’en 2009 (27 ouvertures) et 2008 (29 ouvertures). La chaîne a aussi inauguré 40 McCafé et sa fréquentation a augmenté de 4,5 % à 680 millions de clients. C’est 30 millions de plus qu’en 2009. Les ventes ont progressé de 8 % (6 % à périmètre comparable) à 3,9 milliards d’euros TTC. À 80 %, il s’agit de ventes de hamburgers, avec en tête l’incontournable Big Mac. «La rénovation de nos restaurants et le développement de nos McCafé font aussi venir une clientèle nouvelle», affirme Jean-Pierre Petit.

Il vise 40 ouvertures par an jusqu’en 2015 et autant de McCafé. «Le maillage du territoire est quasiment terminé, estime Bernard Boutboul. Il y a place pour environ 1500 McDo, difficilement plus. L’enjeu aujourd’hui est d’augmenter le chiffre d’affaires à surface comparable en ouvrant la carte à des produits qui sortent du hamburger-frites, et d’aller chercher de nouveaux sites.» Jean-Pierre Petit espère ainsi développer McDo dans les gares, les aéroports et les aires d’autoroutes. «Ils étaient jusqu’alors organisés en concession et il est très délicat pour nous de confier à des tiers la gestion de nos restaurants. J’observe les prémices d’un changement.» McDo vient ainsi de s’installer à Orly, en solo. À terme, il pourrait y avoir de la place pour 20 à 30 McDo dans des gares.

Visseyrias, Mathilde

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Marianne assaisonne la restauration et donne la recette à suivre.

Administrateur | 28 février 2011 | 16 h 06 min

Sous le titre « Quand le repas de midi vous reste en travers du gosier » Marianne publie une enquête sans concession du journaliste Daniel Bernard sur l’état de la « gastronomie à la française ».
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« La préférence française pour le déjeuner cher et médiocre est un mystère qui ne laisse pas d’étonner dans la patrie de la gastronomie. « Marianne » met les pieds dans le plat du jour..  »

 » C’est entendu, l’Unesco a inscrit le « repas gastronomique des Français » au Patrimoine immatériel de l’humanité. Mais ce midi, où est-ce qu’on mange ? Oui, nos grands chefs sont des génies qui s’exportent dans le vaste monde. Mais il coûtera combien, aujourd’hui, le plat du jour à la brasserie du coin : 10, 14 ou 17 € ? Il y a un angle mort dans la cuisine française : le repas du déjeuner, pris au restaurant-d’enface. Alors que la bouffe, ces derniers mois, a été disséquée comme jamais, la préférence tricolore pour le repas cher a été rigoureusement ignorée. Pas de mystère à cela, hélas : si rien n’a été dit, c’est qu’il a été jugé préférable d’ignorer que les Français casquent toujours plus pour des plats ordinaires de moins en moins bons. »

Dégustez dans Marianne de cette semaine ou en PDF sur Marianne2 , la suite de cet article épicé sur l’état réel de notre restauration qui fait face depuis des années à la perte de ses repères. On peut saluer au passage, l’engagement de Marianne à réclamer une législation simple sur la nature des produits servis dans les assiettes des restaurants. Espérons que les politiques, dans la perspective des présidentielles, s’engageront à faire adopter une législation dans ce sens.

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Le « repas gastronomique des Français » met la cuisine hors jeu

Xavier Denamur | 18 novembre 2010 | 11 h 39 min

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« Le comité intergouvernemental de l’Unesco vient d’inscrire le « repas gastronomique des Français » au patrimoine immatériel de l’humanité. Cette consécration se veut salvatrice. Si elle est fêtée comme une victoire et une fierté identitaire, que s’agit-il, au fond, de promouvoir ? Et avec quel degré d’efficacité ?

Une première question se pose : au nom de quoi la France a-t-elle été élue ? Est-ce parce la gastronomie française est, selon les mots de Nicolas Sarkozy, « la meilleure au monde » ou bien parce qu’elle constitue une culture à part entière ? »

Lisez sur Rue89 la suite de cette excellente tribune d’oiivier Assouly publiée le 17 novembre 2010.

Voir aussi à ce sujet ce petit reportage auquel j’ai participé et diffusé sur Canal

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Si l’Allemagne monte son taux de TVA à 25%, que fera Sarkozy?

Xavier Denamur | 18 octobre 2010 | 10 h 27 min

Sarko-KO assuré, une vidéo qui l’affiche mal.

D’après La Croix «  »Certains économistes  (allemands) proposent aujourd’hui d’augmenter la TVA à 25 %, le taux maximum autorisé dans l’Union européenne. »  Lire l’article de Michel Verrier ICI

Quand des économistes allemands proposent ce genre de « big bang fiscal » sans même expliquer comment ils vont le mettre en place et avec quelles contreparties, personne ne trouve cela étonnant.

Sarkozy beaucoup plus compétent que moi sur la TVA et toujours prompt à vanter l’exemple allemand devrait quand même méditer sur son dernier mensonge en lisant La Croix: » le parti libéral (FDP), qui participe à la coalition de centre droit au pouvoir, milite au contraire pour des baisses d’impôts.Il est parvenu à faire diminuer le taux de TVA à 7,4 % en 2010 dans les hôtels – et non dans les restaurants. Mais les prix n’ont guère diminué. »

Concernant le rapport Attali, tout n’est pas à mettre à la poubelle comme le prône le PS. En autre sur le domaine qui nous concerne, naturellement avec des compensations amenant de l’emploi, de la valeur ajoutée, de la transparence ou  favorisant le  développement durable, la remise en question « des niches « ayant des effets antiredistributifs ou favorisant les plus privilégiés », notamment la TVA à 5,5%. » nous semble tout à fait pertinente.

A lire sur Boursorama : La Commission Attali prône une « cure d’austérité »

A lire sur Boursorama : Le PS en opposition totale avec les propositions de la commission Attali

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Le restaurateur qui voulait une taxe à 25 %

Administrateur | 8 octobre 2010 | 0 h 33 min

AccueilArticle écrit par Thomas Richet pour metrofrance.com

Ce n’est rien de dire que Xavier Denamur est opposé à la mesure…

Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires n’a pas surpris Xavier Denamur. Le très médiatique restaurateur avait reçu en 2009 une lettre de Didier Migaud, président de la Cour des comptes, et à l’époque à la tête de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Celui-ci lui disait déjà qu’il partageait ses “doutes sur la baisse de la TVA dans la restauration”.

C’est que Denamur, propriétaire notamment des Philosophes et de la Belle Hortense à Paris, est loin de cacher son opposition à la mesure. “La TVA à 5,5 % n’a servi à rien : ça n’a pas été bon pour les clients, les patrons ont menti en disant qu’ils redistribuaient 1 milliard d’euros à leurs employés et seuls 8 000 emplois ont vraiment été créés”, nous confiait-il hier.

Pour autant, il ne veut pas d’un simple retour en arrière : “Il ne suffit pas de remonter la TVA s’il n’y a pas de contre-propositions qui aient des effets tangibles sur l’emploi, les prix ou la transparence dans les assiettes. Il vaut mieux la ramener à 19,6 % ou à 25 % et réinvestir l’argent.”

Selon lui, la restauration française est en effet en crise, la faute à une “industrialisation” des assiettes : “On ne mange pas forcément mieux au restaurant que chez soi.” Le trublion promet d’ailleurs qu’il a réinvesti tout l’argent de la baisse de la TVA dans la création d’un film sur la malbouffe à la française.

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Bercy voudrait baiser la TVA de Canal+, faudrait arrêter de faire les Guignols!

Administrateur | 6 septembre 2010 | 23 h 14 min

Article d’Emmanuel Berretta publié le 6 septembre par Le point

Le scénario catastrophe pour Canal+, le cinéma et le footbal

Le scénario catastrophe pour Canal+, le cinéma et le football

Les dirigeants de Canal+ sont blêmes. Le projet de hausse de la TVA qui frapperait la chaîne entraînerait un cataclysme pour l’économie du groupe, et donc les trois activités qui en dépendent : le cinéma, le football professionnel et l’audiovisuel. Si le gouvernement va jusqu’au bout de son idée, l’augmentation de TVA, en passant de 5,5 à 19,6 %, obligerait Canal+ à acquitter 450 millions d’euros supplémentaires. C’est bien plus que la marge de la chaîne Canal+ : 350 millions d’euros.

Comment s’en sortir ? Renoncer à la marge ne suffirait pas. Première solution : augmenter l’abonnement de 15 %, le revenu moyen par abonné étant de 40 euros par mois. Avec le surcroît de TVA, l’abonnement passerait à… 46 euros par mois ! Cette hausse provoquerait une érosion massive des abonnés. Une donnée à conserver à l’esprit : Canal+ augmente ses abonnements d’un euro tous les deux ans… C’est la limite supportable pour les consommateurs. Alors, 6 euros d’un coup…

Les clubs de football fragilisés

Les suites d’un tel coup de chaud sur les prix sont aisées à deviner : la fuite des abonnés provoque une baisse du chiffre d’affaires sur lequel repose le financement du cinéma. En cascade, le septième art subirait une cure d’amaigrissement drastique… Idem concernant le football. Canal+ règle actuellement une facture de 450 millions d’euros par saison. Lors du prochain appel d’offres de la Ligue, la chaîne cryptée, désormais débarrassée de la concurrence d’Orange, n’hésiterait pas une seconde à réduire les frais. Derrière, tous les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 s’effondreraient. Le foot français serait en cessation de paiement.

De la même façon, pour faire des économies, Canal+ exporterait son CAT (centre d’appel téléphonique) dans un pays à main-d’oeuvre bon marché. Et ce sont 2.500 personnes qui, en France, se retrouveraient au chômage.

Des chaînes thématiques menacées

Canal+ dépense, chaque année, 1,3 milliard pour alimenter sa chaîne en programmes, et 700 millions sur CanalSat. Outre les producteurs et ayants droit, les fournisseurs – par exemple les équipementiers comme TDF ou Thomson – subiraient la même purge. Les chaînes thématiques de CanalSat verraient leur redevance réduite à peu de chose. Bon nombre disparaîtraient. Dans ce contexte, LCI, par exemple, deviendrait bien trop coûteuse pour le groupe TF1…

« L’augmentation de la TVA n’est pas arbitrée », répond-on à l’Élysée devant la levée de boucliers massive de tout le secteur. Le gouvernement a-t-il entrevu toutes les conséquences fâcheuses de cette hausse de la TVA sur Canal+ ? Selon certaines sources, il imaginerait de n’augmenter la TVA de Canal+ que de quelques pour cent… « C’est baroque !, s’exclame Pascal Rogard, directeur général de la SACD (les auteurs, compositeurs, dramaturges). En France, on baisse la TVA pour les restaurateurs et on l’augmente pour le secteur de la création. C’est un non-sens ! Et c’est jeter aux orties tout ce qui fait l’exception culturelle de notre pays. On ouvre un boulevard aux intérêts américains ! » Contacté par Le Point, le cabinet de François Baroin, au ministère du Budget, est aux abonnés absents.

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Bataille rangée sur la TVA à taux réduit dans la restauration

Administrateur | 29 juin 2010 | 16 h 33 min

Article publié par La Tribune le 29 juin 2010

Il n’est pour l’instant pas question, disait dimanche le ministre du Budget, François Baroin, de revenir sur la baisse de la TVA dans la restauration. « Si on me laissait faire, je le mettrais dans le rabot », s’est-il cependant laissé à dire : « dans le rabot », c’est-à-dire dans la réduction globale des niches fiscales promise par le gouvernement.

Le rapporteur général du Budget à l’Assemblée, Gilles Carrez (UMP), a quant à lui remis en cause la baisse de la TVA à 5,5% sur « certains produits », s’inquiétant du « démantèlement des ressources fiscales de l’Etat », sans citer toutefois spécifiquement le cas de la restauration. Il a suggéré un taux intermédiaire autour de 12%.

En revanche, la ministre de l’Economie Christine Lagade a bien confirmé ce mardi que le coup de rabot en question ne toucherait pas au taux réduit de la TVA dans la restauration. « Elle me paraît légitime sur le fond », a-t-elle dit. « Elle est conforme aux dispositions du droit européen avec au moins les deux tiers des contreparties qui étaient attendues », a-t-elle expliqué sur RMC et BFM TV.

Prix, salaires, embauches : la bataille des chiffres

Les restaurateurs avaient en effet promis en contrepartie de cette mesure, qui coûte à l’Etat 3 milliards d’euros de recettes fiscales, de baisser les prix de 11,8% sur au moins sept produits, d’embaucher 40.000 personnes en deux ans et d’augmenter les salaires très bas du secteur.

Mais un an après sa mise en oeuvre, ses détracteurs dénoncent les promesses non tenues. Et, à ce sujet, la bataille des chiffres bat son plein. Un restaurateur parisien, Xavier Denamur, a envoyé lundi à l’Agence France Presse (AFP) un texte intitulé « l’omelette qui valait 3 milliards d’euros… par an » où il qualifie de « mensonges » les chiffres de baisse des prix ou de créations d’emplois mis en avant par la profession et le gouvernement.

Les prix d’abord. Les estimations divergent. Selon l’Insee par exemple, dans les seuls restaurants, l’indice des prix aurait baissé de 1,3%. La direction générale du Trésor estime pour sa part, dans une étude révélée par l’AFP lundi, que la mesure a permis aux prix de ne pas augmenter de 0,1% ce qui reviendrait à une baisse de 2,5%, assez proche des 3% de baisse promis par les restaurateurs à l’Etat.

Sur un périmètre légèrement différent comprenant restaurants et cafés, les prix ont baissé de « 0,9% « , rapelle Xavier Denamur, qui se réfère à l’Insee. « On est bien loin des 3% promis ». « Je  pense que, si les restaurateurs faisaient un effort sur les prix, ça arrangerait tout le monde », reconnaît pour sa part Christine Lagarde.

Les conditions de travail, ensuite. Pour les organisations professionnelles, l’accord sur les salaires signé après l’obtention de la TVA à 5,5% a permis aux salariés de recevoir 1 milliard d’euros supplémentaires par an. Ce qui représente 600 euros de plus par an pour le salarié le moins qualifié travaillant à temps complet (39 heures/semaine). Pour Xavier Denamur en revanche, les salariés restent sous-payés puisque cet accord n’a fait passer le Smic horaire du secteur qu’à 6 centimes d’euros brut au-dessus du Smic général.

Sur les embauches enfin. Le secteur a créé 12.300 emplois au 1er trimestre 2010, après 8.300 au 4e trimestre 2009 et 1.100 au 3e, selon l’Insee. Soit 21.700 au total, se félicite le gouvernement. Xavier Denamur, à l’instar du syndicat FO, conteste ce chiffre. « En réalité, 8.000 emplois nets ont été créés », estiment-ils puisque les cafés-hôtels et restaurants créent en moyenne 15.000 emplois par an depuis dix ans. Quant à la CGT, elle fait remarquer que ces chiffres comprennent aussi les CDD, saisonniers et intérimaires.

A ces arguments, le SNRTC, le syndicat de la restauration commerciale répond qu’il faut « compter les emplois sauvés et ceux des établissements qui n’ont pas fermé », grâce à la TVA réduite. Selon Bernard Boutboul du cabinet spécialisé Gira conseil, un tiers du secteur (soit 25.000 restaurants servant à table) était en difficulté avant l’entrée en vigueur de la mesure, le 1er juillet 2009. « La moitié sont sortis de cette passe difficile » grâce à la TVA.

Des consommateurs pas convaincus

Mais peu importent les arguments, le gouvernement peine à convaincre les consommateurs de la justice de cette mesure : pourquoi la préserver, elle, et pas les frais de garde d’enfants par exemple, qui seront touchés par le coup de rabot fiscal ?

Le dossier est d’autant plus difficile à gérer que le gouverment attend beaucoup d’un point de vue financier de la réduction des niches fiscales, qui doit contribuer à diminuer les déficits publics de 8% du PIB cette année à 3% en 2013, conformément aux promesses faites à l’Union européenne. Alors qu’il avait dans un premier temps évoqué 2 milliards d’économies sur les « niches », il a ensuite évoqué 3,5 milliards, puis 5 milliards. François Baroin a fini par annoncer dimanche dernier de 8,5 à 10 milliards d’euros d’économies sur ces dispositifs.  Il est vrai, qu’entre temps, un rapport de la Cour des comptes a exhorté l’Etat à accentuer l’effort sur l’assainissement des finances publiques, surtout dans un scénario où la croissance pourrait ne pas être au rendez-vous.

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Sur la carte du restaurant, l’omelette qui valait 3 milliards d’euros

Administrateur | 29 juin 2010 | 11 h 54 min

PUBLIÉ LE 29/06/2010 08:14 | LADEPECHE.FR

Sur la carte du restaurant, l’omelette qui valait 3 milliards d’euros

l’histoire du jour

Sur la carte du restaurant, l'omelette qui valait 3 milliards d'euros

Sur la carte du restaurant, l'omelette qui valait 3 milliards d'euros
Sur la carte du restaurant, l’omelette qui valait 3 milliards d’euros

«Limonadier de gauche» et fier de l’être, Xavier Denamur est très content de payer des impôts y compris sur la fortune. Parti de rien, il est à la tête de cinq brasseries dans une rayon de cinquante mètres au cœur de Paris. Tous ses employés sont entièrement déclarés, bien payés et fidélisés. Son secret? « Qualité et plaisir donné». Alors devant la TVA à 5,5% obtenue par ses collègues de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie avec des résultats contestés il ironise avec la carte du mois . « L’omelette qui valait trois milliards… par an », annonce-t-elle comme mise en bouche et d’expliquer, «la baisse de la TVA représente une perte de 3 milliards d’€ par an pour l’état.L’Insee soutient que les prix ont baissé de « 0,9 % sur les seuls cafés et restaurants» au lieu des 3 % promis par la profession. De plus, les s salariés du secteur restent sous-payés, puisque l’accord de revalorisation des salaires ne leur accorde qu’un smic horaire supérieur de 6 ct d’€ brut au smic général». Mais le Trésor avance un impact sur les prix de -2,5 %, et les organisations professionnelles que les salariés reçoivent un milliard d’euros supplémentaires par an et qu’elles ont créé 22 000 emplois nets. Denamur en accorde 8 000 et regrette « qu’aucune réflexion n’ait été menée sur la qualité de la nourriture ».

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